Retrait progressif des soldats burundais de l’Est de la RDC

Depuis la prise de la ville d’Uvira par la coalition rebelle AFC/M23, les forces burundaises déployées dans la plaine de la Rusizi et dans plusieurs localités stratégiques du Sud-Kivu se trouvent en difficulté.

 

Des sources sécuritaires indiquent qu’au cours des deux dernières semaines, un nombre important de soldats burundais ont traversé la frontière pour regagner le Burundi, après avoir été débordés par l’avancée rapide des rebelles.

 

D’autres éléments, pris de court par la fermeture progressive des axes terrestres, auraient fui vers l’intérieur de la province, notamment vers la ville de Baraka, dans le territoire de Fizi, ou se seraient réfugiés dans la forêt d’Itombwe.

 

Ces zones, difficiles d’accès, servent désormais de points de regroupement provisoires pour des troupes en quête de replis plus sûrs.

 

Selon les informations recueillies, la plus forte concentration de soldats burundais encore présents au Sud-Kivu se situerait autour de la commune de Minembwe, à la jonction des territoires d’Uvira, Fizi et Mwenga.

 

Cette zone est depuis longtemps un point de tension, notamment en raison des restrictions imposées aux déplacements des membres de la communauté Banyamulenge, privés d’accès normal aux marchés et aux structures de santé.

 

Dans la nuit du 15 au 16 décembre 2025, un épisode marquant est venu illustrer l’ampleur du retrait.

 

De nombreux soldats burundais ont traversé le lac Tanganyika à partir de Baraka et de Mboko, rejoignant un port militaire de la ville de Rumonge, au Burundi.

 

Des témoins rapportent qu’au petit matin, six camions ont été mobilisés pour assurer leur transfert vers Bujumbura.

 

Les militaires, visiblement épuisés, portaient les signes d’un engagement prolongé sur le front congolais.

 

Cette évacuation par voie lacustre s’explique par la dégradation rapide de la situation sécuritaire le long des rives du lac Tanganyika. L’entrée récente des combattants de l’AFC/M23 dans le centre de Mboko, dans leur progression vers le sud, a contraint une coalition de forces gouvernementales congolaises et alliées à se replier.

 

La ville de Baraka apparaît désormais comme le dernier objectif majeur dans cette zone, alors que les voies terrestres de la plaine de la Rusizi avaient déjà été coupées.

 

Le Burundi aurait déployé près de 20 000 soldats au Sud-Kivu pour appuyer l’armée congolaise dans sa lutte contre la rébellion du M23. Si le nombre exact de militaires déjà retirés reste inconnu, plusieurs sources évoquent des effectifs se chiffrant en milliers, signe d’un désengagement significatif, au moins partiel.

 

Sur le plan politique et diplomatique, le coordonnateur de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, a annoncé lundi soir que ses forces se retireraient d’Uvira dans le cadre des efforts de médiation en cours.

 

Il a toutefois mis en garde les forces rivales contre toute tentative de réinvestir la ville.

 

Cette déclaration laisse planer l’incertitude sur la suite des événements et sur la poursuite ou non du retrait des troupes burundaises.

 

Alors que la population civile demeure prise en étau entre les mouvements militaires et les calculs stratégiques des différents acteurs armés, l’évolution de la situation au Sud-Kivu dépendra autant des rapports de force sur le terrain que des initiatives diplomatiques régionales.