À Bujumbura et sur les grands axes routiers du Burundi, les barrières mises en place par la Police nationale du Burundi (PNB) pour « assurer la sécurité » sont devenues le symbole d’une sécurité publique de plus en plus contestée.
Le 20 janvier 2026, à l’Assemblée nationale, plusieurs députés ont ouvertement critiqué ces points de contrôle, les jugeant à la fois inefficaces et générateurs de corruption, remettant ainsi en cause leur utilité réelle pour la population.
Initialement conçues pour encadrer et sécuriser la circulation, ces barrières sont désormais perçues par de nombreux usagers, chauffeurs de bus et transporteurs de marchandises comme des obstacles bureaucratiques où les pratiques de corruption seraient fréquentes.
Des parlementaires ont interpellé le ministre de l’Intérieur, Léonidas Ndaruzaniye, sur ces dysfonctionnements qui alourdissent les déplacements quotidiens et portent atteinte à l’image de la police.
Pour certains élus, ces postes de contrôle ressemblent davantage à des lieux de perception de pots-de-vin qu’à de véritables dispositifs de sécurité. Le président de l’Assemblée nationale, Daniel Gélase Ndabirabe, a lui-même qualifié ces barrières de négatives, soutenant leur suppression ou, à défaut, leur réorganisation avec des agents mieux formés.
Cette critique institutionnelle révèle un malaise plus profond autour de l’image des forces de sécurité burundaises, régulièrement mises en cause pour des abus graves.
Des rapports d’organisations locales et internationales, ainsi que ceux d’experts des Nations unies, indiquent que depuis 2015, des cas d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées et de détentions arbitraires continuent d’être imputés à des agents des forces de sécurité ou à des groupes agissant avec leur complicité.
Ces violations visent principalement des opposants et des citoyens critiques du pouvoir et s’inscrivent dans un climat d’impunité régulièrement dénoncé par les observateurs internationaux.
Ces antécédents nourrissent la méfiance de la population envers la PNB et contribuent à transformer de simples points de contrôle routier en véritables foyers de tension sociale.

