Élections générales, recomposition des institutions et mise en œuvre du nouveau découpage administratif : l’année 2025 a constitué un tournant politique majeur pour le Burundi, redessinant durablement son paysage institutionnel.
Selon l’analyse du journal Iwacu Burundi, 2025 aura été une année charnière marquée par un enchaînement rapide d’événements politiques d’envergure.
Du lancement inédit de la campagne électorale aux réformes administratives, en passant par l’installation de nouvelles institutions largement dominées par le parti au pouvoir, le pays a connu une reconfiguration sans précédent depuis l’Accord d’Arusha.
La campagne électorale pour les législatives et les communales s’est ouverte de manière inhabituelle le 9 mai au stade Ingoma de Gitega, avec un défilé des partis politiques rappelant une cérémonie olympique.
En l’absence de la coalition Burundi Bwa Bose, autrefois portée par Agathon Rwasa, les formations politiques, candidats indépendants et partis agréés ont paradé devant le président de la République. Évariste Ndayishimiye a alors appelé au respect strict de la loi électorale et à la neutralité des institutions étatiques.
Le déroulement de la campagne, du 3 mai au 2 juin, a toutefois suscité des lectures divergentes.
Certains acteurs de la société civile ont dénoncé une campagne à forte tonalité présidentielle, éclipsant les candidats locaux. D’autres, à l’image du Capes+, ont estimé cette configuration normale, les candidats étant issus de listes bloquées, laissant la scène aux chefs de partis.
Le double scrutin du 5 juin 2025 a mobilisé plus de six millions d’électeurs appelés à élire 103 députés et les conseillers communaux de 42 communes, conformément au nouveau découpage administratif.
À l’issue du vote, le CNDD-FDD a réalisé une victoire écrasante en raflant la totalité des sièges à l’Assemblée nationale et dans les conseils communaux.
Si le parti au pouvoir a salué des élections transparentes et apaisées, plusieurs leaders de l’opposition ont dénoncé un « recul démocratique » et une marginalisation totale du pluralisme politique.
Cette victoire s’est traduite par la mise en place d’un Parlement monocolore.
Le 28 juillet, Gélase Daniel Ndabirabe a été reconduit à la présidence de l’Assemblée nationale avec plus de 98 % des voix, entouré d’un bureau exclusivement issu du CNDD-FDD, une première depuis Arusha.
Le Sénat a suivi la même dynamique, avec l’élection de Gervais Ndirakobuca à sa tête.
L’Exécutif n’a pas échappé à cette recomposition.
Un nouveau gouvernement resserré à 13 ministères a été nommé, dirigé par le Premier ministre Nestor Ntahontuye.
La nomination de Marie Chantal Nijimbere à la Défense nationale a marqué un tournant historique, faisant d’elle la première femme à occuper ce poste stratégique.
Enfin, la réforme administrative a été concrétisée par la nomination des gouverneurs des cinq nouvelles provinces.
Si certains observateurs appellent à juger ces nouvelles équipes à l’épreuve des faits, beaucoup s’accordent à dire que les institutions issues de 2025 portent désormais la lourde responsabilité de répondre aux crises économiques, sociales et politiques qui persistent.

